le blog du petit cheval blanc

mercredi 19 septembre 2007

Conversation entre femmes.

Durant la cérémonie du mariage évangéliste j’ai pu parler avec quelques femmes, toutes générations confondues. Pendant que les garçons étaient en retrait pour filmer, j’étais au contraire en pleine ambiance de noce. J’ai un petit peu parlé, mais surtout écouté. Mon niveau d’Espagnol ne me permet pas encore de suivre une conversation sur du long terme. D’ailleurs, ça les faisait rire. J’ai ainsi appris que la mariée est une des neuf filles de la sœur de dona Ofelia, qu’elle a aussi deux fils, soit onze enfants en tout, et vingt-cinq petits-enfants. Je trouvais cela déjà beaucoup et l’en félicitai. Puis, la fille de dona Ofelia demande « Combien de tes enfants sont morts déjà ? »
-« Cinq, répond la vieille dame en rigolant. Ainsi j’ai quand même eu seize enfants ! »
Et moi, estomaquée par leur légèreté sur ce sujet, je ne pouvais que constater à quel point la conception de la mort d’un proche peut varier d’une culture à une autre.

25 nietos

Sur la demande de dona Ofelia j’ai pris en photo le moment ou les jeunes époux coupent le gâteau. Et la fille d’Ofelia en profita pour me demander combien de pesos coûtait mon appareil photo. Sachant que 15 pesos équivalent à un euro, j’ai pu convertir assez facilement le prix initial en pesos mexicains.

J’essaie de parler avec don Lupe mais j’ai beaucoup de mal à le comprendre. Il est bourru mais sympathique et très gentil. Nous n’oublions pas qu’il nous accueille chez lui, qu’il nous a débroussaillé le jardin de l’atelier, qu’il nous a prêté un hamac pour notre petite maison, et tant d’autres choses. Je sais qu’il est athée. Et je trouve cela drôle quand on voit qu’Ofelia est une évangéliste assidue ! Ainsi lui ai-je demandé si les mariés allaient faire la première danse. Il y avait en effet beaucoup de musique mais personne ne bougeait. En réalité, j’avais appris que dans la religion évangélique il est interdit de boire de l'alcool ni même de danser. Il ne m’en dit pas plus et il ne me donna pas son avis. Dommage !

Un mariage à la Estancia

Deux cameramen et un mariage

Don Lupe nous invite à assister au mariage de sa nièce par alliance à la Estancia. Le temps d’enfiler un petit repas et nous voilà entassés dans la voiture. Je me retrouve à l’avant du pick-up, entre Efrain au volant et Doña Ofelia avec la petite Samantha sur les genoux. En dix minutes de route chaotique, nous arrivons sur les lieux.

Nombre de tables sont installées dans le jardin de la maison, face à une église à l’architecture étonnante. Peu à peu les invités arrivent et la célébration commence. Une célébration évangéliste. Nous en profitons pour sortir micro et caméra. Le début est un peu intimidant. Nous ratons ainsi la séquence de la première lecture. Une jeune fille commence à lire un extrait de la Bible. Peu à peu, elle part dans une improvisation. Le ton de la voix change, comme prise dans une sorte de transe. Les mots se font plus rapides, le ton plus fébrile. L’impression est étrange.

Après une première série de prises de vue peu convaincantes, nous retournons nous asseoir…juste pour l’arrivée d’un plat bien garni ! Nos motivations face à l’assiette sont toutes relatives, déjà bien remplis du repas préparé par Doña Ofelia une heure auparavant.

Nous reprenons finalement caméra, perche et micro pour le lancer de bouquet. Cette fois, la prise vient plus aisément, nous nous approchons des sujets, le micro tente de capter quelques sons de voix au travers de la sono assourdissante. Le bouquet vole, la fille qui le récupère est aussitôt entourée d’une grappe humaine. On rit, on commente, on s’agite. L’agitation collective s’organise ensuite dans une petite ronde qui est la limite extrême pour une cérémonie évangéliste qui interdit de danser. Après quelques rafraîchissements et autres photos des mariés, nous rentrons, pressés par Don Lupe qui doit préparer la Taqueria pour le soir.