Deux cameramen et un mariage

Don Lupe nous invite à assister au mariage de sa nièce par alliance à la Estancia. Le temps d’enfiler un petit repas et nous voilà entassés dans la voiture. Je me retrouve à l’avant du pick-up, entre Efrain au volant et Doña Ofelia avec la petite Samantha sur les genoux. En dix minutes de route chaotique, nous arrivons sur les lieux.

Nombre de tables sont installées dans le jardin de la maison, face à une église à l’architecture étonnante. Peu à peu les invités arrivent et la célébration commence. Une célébration évangéliste. Nous en profitons pour sortir micro et caméra. Le début est un peu intimidant. Nous ratons ainsi la séquence de la première lecture. Une jeune fille commence à lire un extrait de la Bible. Peu à peu, elle part dans une improvisation. Le ton de la voix change, comme prise dans une sorte de transe. Les mots se font plus rapides, le ton plus fébrile. L’impression est étrange.

Après une première série de prises de vue peu convaincantes, nous retournons nous asseoir…juste pour l’arrivée d’un plat bien garni ! Nos motivations face à l’assiette sont toutes relatives, déjà bien remplis du repas préparé par Doña Ofelia une heure auparavant.

Nous reprenons finalement caméra, perche et micro pour le lancer de bouquet. Cette fois, la prise vient plus aisément, nous nous approchons des sujets, le micro tente de capter quelques sons de voix au travers de la sono assourdissante. Le bouquet vole, la fille qui le récupère est aussitôt entourée d’une grappe humaine. On rit, on commente, on s’agite. L’agitation collective s’organise ensuite dans une petite ronde qui est la limite extrême pour une cérémonie évangéliste qui interdit de danser. Après quelques rafraîchissements et autres photos des mariés, nous rentrons, pressés par Don Lupe qui doit préparer la Taqueria pour le soir.