Durant la cérémonie du mariage évangéliste j’ai pu parler avec quelques femmes, toutes générations confondues. Pendant que les garçons étaient en retrait pour filmer, j’étais au contraire en pleine ambiance de noce. J’ai un petit peu parlé, mais surtout écouté. Mon niveau d’Espagnol ne me permet pas encore de suivre une conversation sur du long terme. D’ailleurs, ça les faisait rire. J’ai ainsi appris que la mariée est une des neuf filles de la sœur de dona Ofelia, qu’elle a aussi deux fils, soit onze enfants en tout, et vingt-cinq petits-enfants. Je trouvais cela déjà beaucoup et l’en félicitai. Puis, la fille de dona Ofelia demande « Combien de tes enfants sont morts déjà ? »
-« Cinq, répond la vieille dame en rigolant. Ainsi j’ai quand même eu seize enfants ! »
Et moi, estomaquée par leur légèreté sur ce sujet, je ne pouvais que constater à quel point la conception de la mort d’un proche peut varier d’une culture à une autre.

25 nietos

Sur la demande de dona Ofelia j’ai pris en photo le moment ou les jeunes époux coupent le gâteau. Et la fille d’Ofelia en profita pour me demander combien de pesos coûtait mon appareil photo. Sachant que 15 pesos équivalent à un euro, j’ai pu convertir assez facilement le prix initial en pesos mexicains.

J’essaie de parler avec don Lupe mais j’ai beaucoup de mal à le comprendre. Il est bourru mais sympathique et très gentil. Nous n’oublions pas qu’il nous accueille chez lui, qu’il nous a débroussaillé le jardin de l’atelier, qu’il nous a prêté un hamac pour notre petite maison, et tant d’autres choses. Je sais qu’il est athée. Et je trouve cela drôle quand on voit qu’Ofelia est une évangéliste assidue ! Ainsi lui ai-je demandé si les mariés allaient faire la première danse. Il y avait en effet beaucoup de musique mais personne ne bougeait. En réalité, j’avais appris que dans la religion évangélique il est interdit de boire de l'alcool ni même de danser. Il ne m’en dit pas plus et il ne me donna pas son avis. Dommage !