Peut-être des Pentecôtistes. Un sacré groupe de rock chrétien était là pour l’ambiance et, ma foi, il était bien meilleur que celui du mariage de la veille. En tout cas, le chanteur bougeait dans tous les sens, on aurait presque dit le leader d’un groupe de ska. Une jeune fille nous a abordés et nous a proposé de nous installer à une table pour boire ou manger quelque chose. Nous voilà donc aux premières loges pour assister au final de la journée. C’est grandiose. Au premier plan, une énorme affiche d’E.T. l’Extra-Terrestre fait office de bâche. Et en effet, nous sommes comme des Aliens parachutés sur une autre planète. Au rythme de la musique, nous assistons à une chorégraphie surprenante mêlant gestes de dévotion et drapeaux multicolores tournoyants. Le chanteur enchaîne les spéciales dédicaces à Jésus et à tous ses bienfaits.

Mais le spectacle est aussi dans le public. A peine Guillaume a-t-il sorti son carnet de croquis et son stylo qu’il attire à lui un, deux, trois badauds… Normal. On commence à avoir l’habitude et cela prouve encore une fois le pouvoir de communication du dessin. Je continue à suivre la cérémonie et trois minutes après, en tournant la tête vers mon compagnon de voyage, c’est une bonne dizaine d’admirateurs qui nous entoure ! Il est en train de voler la vedette à Jésus ! Ceux qui ont des téléphones portables (oui, oui, ça existe des Indiens sans plumes et avec des portables, tant pis pour les amateurs d’Ushuaïa) mitraillent le croquis en exécution. Au bout d’un moment, l’attroupement est tel qu’une bonne partie du public tourne ses yeux de notre côté. Je crois qu’ils sont maintenant une vingtaine. Parmi eux, de nombreux enfants et jeunes, fascinés. Personne n’ose déranger l’artiste. Certains s’adressent à Magali et à moi, nous questionnent, comme si nous étions gardes du corps ou managers de la star du jour. Un drôle de moment. Une fois la fête terminée, la jeune fille qui nous avait installés à la table nous parle à nouveau. Et avant de nous donner l’addition, elle n’oublie pas de nous demander si nous avions Jésus dans le cœur. Devant nos visages un peu surpris et confus, elle entame un long discours, parfaitement huilé et prosélyte. Elle porte très haut les louanges de Jésus et de son église. Il ne nous reste qu’à écouter bien sagement, l’église de Guillaume s’étant dispersée aux quatre coins de la nuit. Hélas, le pouvoir du dessin n’a qu’un temps.