L’histoire du vilain coq
> Gaël Vince / mercredi 26 septembre 2007 / 04:31 / Notre voyage / #17 / rss
Tout a commencé par une vision d’horreur, la nôtre lorsque nous avons assisté au supplice d’un pauvre canard par deux infâmes bourreaux à crête molle. A plat ventre, la tête écrasée contre la boue, ce gentil coin-coin se voyait piétiné par les griffes acérées de ses tortionnaires : deux gros coqs haineux et sans pitié. Le comble de la violence a été atteint lorsque les becs se sont acharnés sur le crâne de la victime. C’en était déjà trop pour nous, d’autant que ces mauvais traitements semblaient le pain quotidien des trois canards de l’enclos. Mais que pouvions-nous faire ? Pas grand chose, à part peut-être intervenir en clamant que ces affreux gallinacés détenaient des armes de destruction massive.
Mais un beau jour, l’un des deux coqs s’est échappé pour une petite incursion dans le patio. La réaction de Doña Ofelia ne s’est pas fait attendre : hop, retour à la case départ ! L’erreur fatale de cet oiseau maudit a été de récidiver presque aussitôt. Bien mal lui en a pris. La maîtresse de ces lieux le rejoint avec son grand couteau… Les canards commencent à se réjouir. L’exécution du malfrat approche enfin !
Doña Ofelia se place derrière un arbre pendant que nous retenons notre souffle, espérant que justice soit faite aux pauvres canards … Mais ce criminel l’a échappé belle, il n’a eu droit qu’à une petite coupe de plumes. Mais le répit devait être de courte durée. En effet, le lendemain, Doña Ofelia avance tranquillement à travers le patio. Le grand couteau brille sous le soleil du matin, tout comme l’œil attentif des canards. Ni une ni deux, elle attrape ce monstre de cruauté et le coince sous son bras. Ah, ah, il ne fait plus trop le malin, cet espèce de gredin ! D’autant que pour mieux le ridiculiser, la patronne s’en sert comme d’une marionnette pour amuser sa petite-fille de 2 ans. Les canards, tout excités par la situation, s’esclaffent. Cette fois-ci le coq est amené vers l’évier. C’est bon signe. Empoignée, la tête du vilain coq est renversée et la gorge saignée d’un coup vif et précis ! Voilà, c’est fait, ce n’est maintenant plus qu’un mauvais souvenir. Coin, coin, coin, c’est la fête ! Les poules ont l’air indifférentes. Seul, le deuxième coq semble affecté. Il ne fait plus le poids face aux trois canards en liesse. Quant à nous, nous avons bien déjeuné ce jour-là. Notre seule déception a été de constater que le coq exécuté n’était pas celui qui chantait le plus faux et nous cassait les oreilles chaque matin.

Commentaires
1. Le vendredi 28 septembre 2007 à 11:02, par maget
2. Le dimanche 7 septembre 2008 à 05:32, par tfioeis
3. Le dimanche 7 septembre 2008 à 06:25, par sbogvwf
4. Le dimanche 7 septembre 2008 à 19:59, par Adrian
5. Le lundi 8 septembre 2008 à 02:39, par Christopher
6. Le lundi 8 septembre 2008 à 06:39, par ljudqup