mardi 13 novembre 2007
Dernière semaine à Tamulté
> Gaël Vince, mardi 13 novembre 2007 / 02:07 / Notre voyage
mardi 13 novembre 2007
> Gaël Vince, mardi 13 novembre 2007 / 02:07 / Notre voyage
vendredi 2 novembre 2007
> Magali Bergon, vendredi 2 novembre 2007 / 18:49 / Notre voyage
On vous écrit de Veracruz ou nous sommes bien arrivés hier. Nous avons trouvé un bon hotel et sommes en sécurité. Comme vous l'avez peut être vu aux infos en France, le Tabasco est inondé. plus de 75% du territoire est sous l'eau. Villahermosa est sous l'eau depuis hier. La situation est en effet assez alarmante car la ville entière ne peut pas être approvisionnée en eau et en nourriture. Beaucoup d'endroits n'ont plus d'électricité, les gens commencent à se battre pour la nourriture, il y a de moins en moins d'argent dans les banques.
À Tamulté de las Sabanas, notre petit village, ca va. Ils n'ont pas d'eau car ils sont en hauteur. Mais l'accès est encore impossible.
Quand on a quitté la ville on a vu l'eau monter. Désormais tout le centre est inondé. Nous avons pris les derniers bus qui partaient. Nous allons attendre que l'eau descende et cela peut d'ailleurs aller très vite. On se renseigne et on reviendra a Tamulté comme prévu.
Nous avions demandé des financements au président du "municipio" pour notre projet artistique, mais il va sans dire qu'il faut tirer une croix dessus pour l'instant. La fin de notre séjour est alors un peu chamboulée.
En attendant, on passe une fête des morts bien triste loin de nos amis du Tabasco.
mercredi 24 octobre 2007
> Guillaume Darras, mercredi 24 octobre 2007 / 19:36 / Notre voyage
Mardi matin, nous nous réveillons avec le vent qui siffle à travers les arbres et le ciel tout gris. C'est le retour des vents du nord. Le retour du froid nous dit Don Lupe, enfin le froid d'ici... 20 degrés, quoi. Il n'empêche, pas le genre de temps des plus motivants, d'autant que nous devons aller à Villahermosa visiter le Centre culturel où aura lieu l'exposition, avec, pour moyen de transport, la combi qui fonce à toute allure sur les routes déjà peu sûres du Tabasco. Heureusement, la camionnette que nous prenons a des allures de discothèque avec ses enceintes calées sous les fauteuils et l'écran de télévision qui diffuse des images abstraites au rythme des grands classiques dance des années 90 : Haddaway et Ace of Base pour ne citer qu'eux. De quoi détendre l'atmosphère donc et de regarder de manière un peu plus sereine le vent s'engouffrer dans la nature foisonnante du Tabasco. Notre passage à Villahermosa est plus calme. La ville sans doute qui protège des intempéries, mais pas de la pluie qui commence à tomber en trombe et qui ne semble pas vouloir s'arrêter. Le retour se fait donc sous la pluie au soleil couchant. L'arrivée à la Palapa nous fait constater les dégâts : Plus d'électricité, nombres de branches arrachées et plaque de tôle envolée. Une branche est tombée sur la grille d'entrée, une autre s'agite dangeureusement aux abords de la maison, un tronc est abattu sur la grille qui nous sépare du jardin voisin et le toit de la palapa, notre atelier de travail, offre des trous béants.
Notre premier expérience de tempête tropicale, sans gros dégats, tout de même...
> Guillaume Darras, mercredi 24 octobre 2007 / 18:57 / Notre voyage
mardi 2 octobre 2007
> Magali Bergon, mardi 2 octobre 2007 / 02:41 / Notre voyage
Voici un petit billet afin de décrire notre lieu de vie –et par là même de rassurer nos familles car oui, nous avons bien un toit pour dormir !
dimanche 30 septembre 2007
> Guillaume Darras, dimanche 30 septembre 2007 / 01:59 / Notre voyage
> Guillaume Darras, dimanche 30 septembre 2007 / 01:51 / Notre voyage
Nota bene : Suite à une petite erreur de manipulation, nous avions supprimé ce message. Je profite donc de mon passage au cybercafé pour le remettre bien qu'il ait été rédigé par Gaël il y a bien 5 jours maintenant...
Dimanche dernier, nous n’étions pas en grande forme à l’heure du réveil. Justement nous venions d’investir dans un réveil, il fallait être à l’heure au rendez-vous. Le professeur Roldan nous avait conviés à une promenade sur le fleuve Grijalva, à partir du village de Chilapa, proche de Tamulté. Chacun avait ramené son mal de ventre et il était difficile de faire honneur aux tamales (genre de papillotes fourrées à la pâte de maïs et à la viande cuits) servis au petit déjeuner. Partis chercher de l’essence, nous passons aussi chez des amis du professeur qui élèvent des coqs de combat (même si c’est illégal) et nous avons droit à une petite démonstration. Impressionnant de violence, même si nous connaissons déjà la férocité de ces bêtes-là (voir le billet sur le vilain coq). Repartis, après une demi-heure de voiture, nous voilà bientôt à l’embarcadère. A peine montés à bord, nous nous sentons légers. Le fleuve glisse sous la barque motorisée et nous profitons de bonnes bouffées d’air frais. Rien de tel pour nous remettre en forme. Mais c’est sans doute la beauté du paysage qui nous sert de meilleur médicament. Rives bordées de cocotiers et de maisons colorées, envolées d’oiseaux, groupes de pêcheurs. Ce travelling inspire notre caméra. Mais le plus beau est à venir. Nous arrivons à la Lagune du Vent, un immense miroir d’eau parsemé de plantes aquatiques, une véritable petite mer qui nous met en extase. Nous voilà définitivement guéris !
mercredi 26 septembre 2007
> Gaël Vince, mercredi 26 septembre 2007 / 04:54 / Notre voyage
> Gaël Vince, mercredi 26 septembre 2007 / 04:31 / Notre voyage
samedi 22 septembre 2007
> Magali Bergon, samedi 22 septembre 2007 / 04:12 / Notre voyage
Aujourd’hui nous avons visité un centre d’élevage de crocodiles. De l’œuf au gros spécimen qui vit seul car il a mangé les siens, nous en avons observé un bon nombre. Avec l’autorisation des gardiens, j’en ai profité pour filmer et me faire un peu la main pour le tournage du documentaire qui approche à grands pas. C’était musclé de filmer au-dessus du grillage et de rester la plus immobile possible à l’affût du moindre geste de ces mastodontes. Eux, habitués à jouer les statues, semblaient rire de mon infortune ! Le petit moment chaud du jour fût quand la gardienne me permit de filmer un des plus gros spécimens la porte de l’enclos ouverte. Plan fixe sur sa gueule béante, zoom sur ses amygdales. Puis je l’ai suivi jusqu’au bassin d’où il est sorti un temps avant d’y disparaître totalement. A ce moment, elle me dit qu’il pouvait sauter et surgir de l’eau à tout moment, et qu’il était donc « préférable » de fermer la porte. Il faisait quand même 3m de long le bougre. Et en filmant, je ne réalisais pas le danger.
Plus loin je pus zoomer sur un toloque (prononcer toloqué), un lézard du coin que j’adore. Il court tout droit sur ses pattes arrières et il répond à nos questions en hochant de la tête.
Puis, à la fin de la balade durant laquelle je n’ai bien sur pas suivi les commentaires des gardiens, trop occupée à scruter la moindre écaille, je me renseignai sur l’origine et la race de telles bêtes. On me répondit que ces charmants bestiaux n’étaient pas de bien loin mais des marais du Tabasco. Je m’interroge alors sur mon envie d’aller pêcher à minuit comme nous l’avait proposé un villageois…
vendredi 21 septembre 2007
> Gaël Vince, vendredi 21 septembre 2007 / 03:49 / Notre voyage
mercredi 19 septembre 2007
> Magali Bergon, mercredi 19 septembre 2007 / 01:44 / Notre voyage
Durant la cérémonie du mariage évangéliste j’ai pu parler avec quelques femmes, toutes générations confondues. Pendant que les garçons étaient en retrait pour filmer, j’étais au contraire en pleine ambiance de noce. J’ai un petit peu parlé, mais surtout écouté. Mon niveau d’Espagnol ne me permet pas encore de suivre une conversation sur du long terme. D’ailleurs, ça les faisait rire. J’ai ainsi appris que la mariée est une des neuf filles de la sœur de dona Ofelia, qu’elle a aussi deux fils, soit onze enfants en tout, et vingt-cinq petits-enfants. Je trouvais cela déjà beaucoup et l’en félicitai. Puis, la fille de dona Ofelia demande « Combien de tes enfants sont morts déjà ? »
-« Cinq, répond la vieille dame en rigolant. Ainsi j’ai quand même eu seize enfants ! »
Et moi, estomaquée par leur légèreté sur ce sujet, je ne pouvais que constater à quel point la conception de la mort d’un proche peut varier d’une culture à une autre.
Sur la demande de dona Ofelia j’ai pris en photo le moment ou les jeunes époux coupent le gâteau. Et la fille d’Ofelia en profita pour me demander combien de pesos coûtait mon appareil photo. Sachant que 15 pesos équivalent à un euro, j’ai pu convertir assez facilement le prix initial en pesos mexicains.
J’essaie de parler avec don Lupe mais j’ai beaucoup de mal à le comprendre. Il est bourru mais sympathique et très gentil. Nous n’oublions pas qu’il nous accueille chez lui, qu’il nous a débroussaillé le jardin de l’atelier, qu’il nous a prêté un hamac pour notre petite maison, et tant d’autres choses. Je sais qu’il est athée. Et je trouve cela drôle quand on voit qu’Ofelia est une évangéliste assidue ! Ainsi lui ai-je demandé si les mariés allaient faire la première danse. Il y avait en effet beaucoup de musique mais personne ne bougeait. En réalité, j’avais appris que dans la religion évangélique il est interdit de boire de l'alcool ni même de danser. Il ne m’en dit pas plus et il ne me donna pas son avis. Dommage !
> Guillaume Darras, mercredi 19 septembre 2007 / 01:12 / Notre voyage
Don Lupe nous invite à assister au mariage de sa nièce par alliance à la Estancia. Le temps d’enfiler un petit repas et nous voilà entassés dans la voiture. Je me retrouve à l’avant du pick-up, entre Efrain au volant et Doña Ofelia avec la petite Samantha sur les genoux. En dix minutes de route chaotique, nous arrivons sur les lieux.
Nombre de tables sont installées dans le jardin de la maison, face à une église à l’architecture étonnante. Peu à peu les invités arrivent et la célébration commence. Une célébration évangéliste. Nous en profitons pour sortir micro et caméra. Le début est un peu intimidant. Nous ratons ainsi la séquence de la première lecture. Une jeune fille commence à lire un extrait de la Bible. Peu à peu, elle part dans une improvisation. Le ton de la voix change, comme prise dans une sorte de transe. Les mots se font plus rapides, le ton plus fébrile. L’impression est étrange.
Après une première série de prises de vue peu convaincantes, nous retournons nous asseoir…juste pour l’arrivée d’un plat bien garni ! Nos motivations face à l’assiette sont toutes relatives, déjà bien remplis du repas préparé par Doña Ofelia une heure auparavant.
Nous reprenons finalement caméra, perche et micro pour le lancer de bouquet. Cette fois, la prise vient plus aisément, nous nous approchons des sujets, le micro tente de capter quelques sons de voix au travers de la sono assourdissante. Le bouquet vole, la fille qui le récupère est aussitôt entourée d’une grappe humaine. On rit, on commente, on s’agite. L’agitation collective s’organise ensuite dans une petite ronde qui est la limite extrême pour une cérémonie évangéliste qui interdit de danser. Après quelques rafraîchissements et autres photos des mariés, nous rentrons, pressés par Don Lupe qui doit préparer la Taqueria pour le soir.
dimanche 16 septembre 2007
> Gaël Vince, dimanche 16 septembre 2007 / 04:04 / Notre voyage
Ça s’est passé hier soir, peut-être à l’heure où nous chantions la Marseillaise sur les marches de l’église de Tamulté. Non par réaction patriotique, en ces temps de fête nationale mexicaine, seulement parce qu’un groupe de jeunes, amusé par notre présence, nous bombardait de questions diverses et variées (Vous savez dire « Bonne nuit » en anglais ? Quelle taille tu fais ? T’es la cousine de Britney Spears ?), parmi lesquelles : Vous pouvez nous chanter votre hymne ? Donc, peut-être à cette heure où nous chantions cet hymne que nous n’avons pas l’habitude de chanter, il s’est passé la chose suivante. Un jeune poulet s’est mis à hurler dans le patio de Doña Ofelia. Elle a accouru mais en vain. Il était trop tard : le poulet était mort, la gorge en sang. Elle n’a eu le temps que d’apercevoir une bête filer dans la nuit. « Peut-être un rat » dit-elle. Depuis, le corps du poulet est passé de la table - nature morte inspirante pour Guillaume – au sol où il gît encore dans un coin. Mais le mystère reste entier: qui a tué le poulet hier soir, alors que nous chantions « qu’un sang impur abreuve nos sillons » ? Quoi qu’il en soit, le dessin de Guillaume a beaucoup fait rire Doña Ofelia, laquelle n’a pas oublié depuis mon premier séjour que cet animal se dit « poulet » en français. Moi, je n’ai pas oublié qu’on le dit « pio’ » en yokot’an.
> Gaël Vince, dimanche 16 septembre 2007 / 03:35 / Notre voyage